François Fillon – l’histoire d’un sarthois au destin national

Il a été une des grandes figures de la vie politique française. Ce sarthois d’origine, bien ancré dans son territoire, a su se frayer un chemin aux plus hauts sommets de l’état. Elève engagé et déjà assuré de ses convictions, François Fillon a toujours su qu’il aurait un destin tourné vers la France. De son fief en Sarthe au palais de Matignon, il a connu et rencontré les plus grands noms qui ont fait l’histoire de la Vème République.

Un enfant de la Sarthe

François Fillon a toujours revendiqué son attachement à son territoire, son département d’origine. Il y fera ses premières armes en tant qu’élu et défendra toujours les intérêts de sa région ; même lors de son ascension nationale.

Né le 4 Mars 1954 au Mans, il est l’aîné d’une fratrie de quatre garçons. Son père est un notaire local et sa mère une historienne et professeur d’université. Deux visions parentales sur la manière d’appréhender la vie politique et la société qui vont forger les convictions d’un futur homme d’état toujours sur une même ligne directive. Cette force de caractère et ce tempérament affirmé se confirmeront très tôt. Notamment lors du choix des vacances, alors que sa mère s’oppose à l’idée de partir en Espagne alors encore franquiste, il prend fait et cause pour elle s’oppose à son père. Il est déjà remplit de convictions républicaines qui ne peuvent se taire face à la dictature imposée en Espagne.

 

Un élève engagé

François Fillon fréquente l’école communale de la petite ville Cérans-Foulletourte. Il poursuit ensuite ses études dans un collège privé à Parigné-le-Pôlin, Saint-Michel des Perrais. Il se fera très vite remarquer en subissant une exclusion temporaire après avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours. Il poursuit ensuite son parcours scolaire au sein du lycée Notre-Dame de Sainte Croix au Mans. Là aussi, il se verra infliger une section disciplinaire et une exclusion de quelques jours à la suite de l’organisation d’un rassemblement d’élèves pour demander la démission d’un professeur d’anglais. Sa conscience politique et son envie d’engagement naissent. Il sera d’ailleurs décrit dans ses bulletins scolaires comme un élève cancre et indiscipliné. Deux qualificatifs qui ne le définiront plus du tout dans la suite de sa vie professionnelle. A l’inverse, il développera un caractère travailleur, ambitieux et combattif.

Son bac littéraire obtenu de justesse en 1972, son choix premier de carrière sera de se lancer dans le journalisme. Il effectuera d’ailleurs deux stages d’été auprès de l’AFP, dans deux agences à l’étranger. Un premier en Espagne et le deuxième en Belgique. Au final, il se dirigera vers des études de droit et réussira une maitrise de droit public en 1976 à l’université du Maine, au Mans. Il continue avec un diplôme d’études approfondies en droit public à l’université Paris-Descartes.

 

Un passionné d’automobile et de grands espaces.

Enfant de la Sarthe, François Fillon a été élevé dans l’amour des sports mécaniques et notamment de la mythique course des 24h du Mans. Il tombe dedans dès le primaire avec l’écurie Austin-Healey installée juste en face de l’école des garçons dans les années 60. Le jeune François dès la sortie de la classe, court admirer les modèles de courses installés dans l’hôtel-restaurant du Croissant Est. Il partage cette passion avec son frère Pierre.

Avide de grands espaces et de liberté, il s’éprend de la montagne et de toutes les activités que l’on peut y trouver. De tout temps attiré par l’action et le dépassement de soi, il retrouve dans l’alpinisme et la randonnée toute l’adrénaline et la montée des sensations qui lui manque. Il s’engagera chez les scouts, car il y trouvera la discipline, la camaraderie et la droiture dont il avait besoin pour façonner son caractère politique. Il prendra même la direction d’une troupe à l’âge de 17 ans. Le fait d’avoir la responsabilité de plusieurs personnes ne va pas l’effrayer. Il arrive facilement à s’affirmer comme un chef et à diriger de manière ordonnée, efficace et sérieuse. Il est un parfait exemple de maitrise de soi et le démontrera dans sa brillante carrière politique.

François Fillon jeune

 

Une carrière locale et de terrain

Gaulliste social confirmé et affirmé, François Fillon reste un amoureux et un défenseur du terroir et des valeurs de la France rurale. Il prendra toujours fait et armes pour sa région d’origine et restera un sarthois de cœur et de sang.

 

Des débuts plus que prometteurs

Le tout jeune diplômé en droit public fait son entrée dans la sphère politique en 1976 au poste d’assistant parlementaire de Joël Le Theule alors député de la Sarthe. Il sera d’ailleurs le directeur de campagne de ce dernier lors des élections législatives de 1978. Elections qui lui fera remporter pour la quatrième fois le fauteuil de député. Il sera d’ailleurs son chef-adjoint de cabinet lorsque ce dernier sera successivement ministre des transports et ministre de la défense.

En 1977, François Fillon intègre le RPR (Rassemblement pour la République), un an seulement après sa création par Jacques Chirac. C’est sous les couleurs de ce parti qu’il briguera son premier mandat d’élu. En février 1981, il est élu avec 76% des voix comme conseiller général de la Sarthe dans le canton de Sablé-sur-Sarthe. Il enchaine par une victoire dès le premier tour des élections législatives de 1981 avec 50,14% des voix. Victoire d’autant plus belle qu’elle arrive au moment de l’élection à la présidence de la république du socialiste François Mitterrand. Une vague de gauche déferle sur le parlement. Du jamais vu sous la Vème République. François Fillon siège au palais Bourdon et devient le plus jeune parlementaire de l’histoire du XXème siècle. Il se rapproche de Philippe Seguin, autre jeune député de droite élu au moment de l’ascension de la gauche au pouvoir.

Il obtient une belle et large victoire lors des élections municipales de 1983 en gagnant la mairie de Sablé-sur-Sarthe avec 68,05% des voix. Il gardera un attachement particulier à cette ville et en fera son lieu de refuge dans les moments de doutes qui jalonnes la vie et la carrière d’un homme politique. Poursuivant sur sa lancée de renouvellement de la classe politique, il devient le plus jeune président de région en Avril 1992 et occupe le fauteuil du président du conseil général de la Sarthe. Une deuxième prouesse à mettre à son crédit.

 

Un attachement et un tremplin pour le niveau national

C’est en s’appuyant sur ses victoires dans le département et dans la région que François Fillon a pu se hisser jusqu’aux sphères du pouvoir politique au niveau national. Il ne laisse pourtant pas de côté son fief et soutient sa femme Pénélope lors de son mandat de conseillère municipale à Solesmes en 2014.

C’est dans cette commune qu’ils achètent en 1984 le château de Beaucé. Une sorte de bastion qui lui donne une attache physique à sa région de cœur et de naissance. Il donnera beaucoup de lui au niveau national pour permettre le développement de beaux projets au niveau local. Il jouera parfaitement son rôle d’élu du peuple en défendant les intérêts de sa région et en mettant sur pieds des plans de modernisation et d’attraction de la banlieue du Mans. Même lorsqu’il atteindra les plus hautes marches du pouvoir et qu’il s’installera à l’hôtel de Matignon, il gardera un œil et une oreille attentive sur sa région.

Comme lors de son discours du 25 novembre 2011 à Sablé-sur-Sarthes sur l’avenir de l’automobile. Lors de cet évènement, il remet à l’honneur et retrace toute l’attache qu’il existe entre l’histoire automobile et la région de son enfance. La visite de l’usine de VALEO lui donnera une grande fierté de Sabolien et un grand espoir quant à l’avenir de l’industrie automobile dans notre pays et surtout dans sa région. Il restera connecté et toujours aux faits des nouvelles avancées engagées dans les territoires de la Sarthe.

 

Un destin national prestigieux

Très jeune, François Fillon a accédé aux plan national en démarrant comme député en 1981. Seulement 5 ans après son diplôme, il siège au parlement et commence à affirmer ses convictions politiques au sein de son parti, le RPR. Il soutient le duo Philippe Seguin, Charles Pasqua lors du congrès de 1990 ; visant à contester la présidence du parti à Jacques Chirac. Cela lui coutera même sa place au sein du bureau national.

 

La période Ministérielle

Pourtant, son destin va vite évoluer et prendre de la hauteur car à son accession aux différents ministères lors de la dernière présidence de Mr Mitterrand en 1993. En effet, c’est sous le gouvernement de Mr Edouard Balladur alors, premier ministre, il devient ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche durant plus de deux ans. A cette même époque, il est réélu député avec plus de 58% des voix. Il entame donc cette nouvelle phase de son envol républicain sous les plus beaux hospices. Il restera toute la fin du mandat de Mr Balladur à ce poste. Il voudra réformer en profondeur le système universitaire ne prônant pour l’autonomie et en séparant la formation des professeurs des écoles et ceux du secondaire. Réforme censurée par le conseil constitutionnel.

François Fillon conseil constitutionnel

 

A la suite de la victoire de Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1955 et sous le gouvernement du premier ministre Alain Juppé, il se voit confier le ministère des Technologies de l’information et de la Poste. Il sera en charge de mettre à la fin du monopole et de la modernisation de France Telecom et d’assurer la transition de l’ouverture de son capitale. Tâche délicate et ardue au vu de l’importance de l’héritage culturel de cet organe d’état. Hélas, à la suite de la dissolution de l’assemblée nationale par le président en place en 1997 et le retour de la gauche dans l’hémicycle, Fillon voit un coup d’arrêt à sa carrière ministérielle. Il lui faudra attendre le second mandat de Mr Chirac en 2002 pour qu’il retrouve le chemin d’un ministère. Jean-Pierre Raffarin, premier ministre de l’époque, lui confie celui des Affaires Sociales, du Travail et de la Solidarité. Une des principales réformes qu’il entamera lors de la prise de ce portefeuille est la réforme des retraites de 2003.

Après la défaite de la droite aux élections régionales de 2004, il devient ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Numéro trois du gouvernement, il en devient numéro deux à la suite de la démission de Nicolas Sarkozy. Il n’intégrera pas le gouvernement de Dominique De Villepin le 1er Juin 2005 et commencera à préparer la campagne présidentielle de 2007 au côté de Nicolas Sarkozy.

 

Un Premier Ministre indéboulonnable

Soutien majeur de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2007, il s’affirme comme un des piliers de la droite et continuer à prouver sa valeur d’homme de terrain en allant au-devant des français lors de cette élection qui donne un tournant à la vie politique française. En effet, tous les poids lourds des différents partis ont été remplacés et la génération qui a fait ses armes dans les années 80 est désormais aux manettes des différents organes politiques. Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la république française et le 17 mai 2007 par communiqué officiel, François Fillon se voit confié le poste de premier ministre.

François Fillon discours voeux de la presse

 

C’est une des plus belles concrétisations de sa longue carrière en politique. Il doublera cela par un exploit sous la Vème république en restant durant tout le mandat de président à ce poste. Cas unique qui fait de lui le résident le plus long de l’hôtel de Matignon. Il marquera de nouveau les esprits en créant un ouverture politique au sein de son gouvernement en faisant entrer des personnalités de différents bords et convictions politiques. Ainsi il fait confiance et confie des poste clés à de l’UDF, du parti socialiste, de la gauche et de la société civile. François Fillon fait de l’idée de parité une réalité en choisissant de nommer huit hommes et 7 femmes aux postes des différents ministères. Il resserre donc ses effectifs et diminue le nombre de secrétariats d’états.

Critiquer sur le fait qu’il soit plus discret et effacé, il n’en sera pas moins efficace et mènera des réformes de premières importances de front. Comme à son habitude et comme pour tous ses précédents mandats d’élu, il prend ses fonctions en douceur et sans faire grands bruits. Mais il prend de grandes décisions et met en place d’importants chantiers de réformes. Il reste en place au lendemain du remaniement ministériel du 14 novembre 2010 et il fait entrer au gouvernement des anciennes personnalités marquantes de la vie politique française comme Alain Juppé au ministère des Affaires Etrangères et Xavier Bertrand au ministère du Travail. Il reste vent debout face aux attaques de l’opposition et tiendra le cap du programme sur lequel avait élu Nicolas Sarkozy.

 

Un chemin présidentiable

Après l’élection présidentielle de 2012, il devient l’une des personnalités préférées des français. De-là se dessine un projet présidentiel qu’il aura le temps de faire murir pendant 5 ans. Il fait le tour de ses soutiens et mesure sa côte de popularité. Contrairement au président sortant, il garde une bonne image et incarne un sens de l’Etat plus modéré. Cela lui permet d’envisager de nombreux soutiens à droite et de croire à une possible ouverture à Gauche.

 

Une prise de pouvoir de la droite

Cette prise de pouvoir ne peut que passer par un mandat d’élu local dans la Capitale. C’est pour cela que dès 2011, il prépare la campagne des législatives de 2012 en briguant le siège de député de la deuxième circonscription de Paris. François Fillon la remporte lors du deuxième tour face à un candidat socialiste avec 56,46% des voix. Suite à cette victoire, il annonce sa candidature officielle à la présidence de l’UMP le 30 juin 2012. Opposé à Jean-François Copé, les deux hommes revendiquent la victoire au soir des résultats. Cela entraînera une tempête politique et médiatique qui débouchera sur la création d’un groupe de soixante-neuf parlementaires au sein groupe de l’UMP à l’assemblée.

Dès lors, François Fillon ne cache plus ses intentions présidentielles et annonce lors d’un voyage officiel au Japon le 9 mai 2013 qu’il sera candidat aux primaires de l’UMP en vue des élections présidentielles de 2017. Il rassemble ses partisans et créé une association appelée « Force Républicaine » qui ouvre des antennes dans tous les départements. Après la démission de Jean-François Copé de la présidence de l’UMP, il forme un triumvirat avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin en attendant un congrès extraordinaire prévu pour le mois d’octobre 2014. C’est lors de cette courte période qu’il pourra montrer ses aptitudes de rassembleur et de leader d’une droite qui ne sait pas exactement où elle va.

La primaire de la droite va être une première épreuve pour lui car il ne part pas en tête des sondages. Largement devancé par Alain Juppé, Nicolas Sarkozy ou encore Bruno Lemaire. Pourtant, il ne croit pas aux sondages et maintient un cap droit et ferme avec un slogan qui marque bien son état d’esprit « Le courage de la vérité ». Il porte des réformes choc et importantes qu’il veut défendre pour redonner un souffle à la France. Au soir du premier tour, il créé la surprise en arrivant en tête avec 44,1% des voix devant Alain Juppé ayant recueilli 28,6% des voix. Une belle victoire qui marque un tournant dans sa carrière politique. L’élection présidentielle est toute proche. Le 27 novembre 2016, il est choisi pour représenter la droite avec 66,5% des voix.

fillon 2017 présidentielles

 

Une campagne Présidentielle marquante

François Fillon incarne un droite modérée, rénovée qui veut sortir des vieilles alliances et petits arrangements entre amis. Il porte dans son programme des réformes fortes et importantes qu’il défendra.

Il prend position sur des points importants tant au niveau national qu’européen. Il souhaite négocier une harmonisation fiscale des pays membres, réaliser une convergence fiscale, la réduction des déficits publics, la renégociation de la directive sur les travailleurs détachés, donne une indépendance à l’Europe fac au FMI et refuser les termes des traités du libre-échange Tafta et CETA. Au niveau international, il veut soutenir et développer la Francophonie, établir un partenariat stratégique avec la Chine et faire de la politique de développement un axe majeur de la politique étrangère.

Son programme s’attaque aux grands problèmes que la France rencontre depuis des décennies. Il veut favoriser la recherche et l’innovation, développer les dispositifs prenant en charge l’aide aux femmes victimes de violences et dans le même domaine, faire de la parité femme/homme une priorité et notamment au sein de son futur gouvernement. Il veut ramener l’assurance-maladie à l’équilibre dès 2022 et mettre en lumière le savoir-faire hospitalier français. Une meilleure cohésion et coopération entre la médecine privée et publique fait aussi parti de son programme. Il veut également mettre en place une avancée importante en mettant en place un remboursement des médicaments innovants.

François Fillon ne met de côté aucun problème ou question gênante et se revendique d’un gaullisme socialiste éclairé et nouveau. Les sujets comme la religion avec l’amélioration des financements des lieux de cultes, en particulier musulman, en contrepartie d’une transparence accrue ne sont pas passés sous silence.

Aux résultats du premier tour, il arrivera troisième avec 20,01% des voix, derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Il prendra toutes les responsabilités de cette défaite et ne fera pas cas des accusations et diffamations qui ont pu ressurgir lors de sa montée dans les sondages. François Fillon n’en fera pas cas et ne se cachera pas derrière cela pour expliquer cette défaite de la droite. Se sera d’ailleurs la première élection présidentielle de l’histoire de la Vème république où la droite ne sera pas présente. Une page se tourne pour la vie politique française et pour les parties traditionalistes.

 

François Fillon se retire de la politique et laisse la présidence de son association Force Républicaine à Bruno Retailleau. Il est recruté par Tikehau Capital, entreprise française d’investissement de gestion d’actifs et d’investissement le 1er Septembre 2017. Le 8 Décembre 2017 ; il est nommé à la présidence de la Commission Constructeurs de la Fédération internationale de l’automobile. Il renoue avec l’un de ses premières passions et l’histoire de sa région de la Sarthe.