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DANIEL ARSSENIEV

Expert en Risk Management

 

INTERVIEW DE DANIEL ARSSENIEV

PDG de PICSEL.
Par Stéphane Alaux, Expert E Réputation
Fondateur du cabinet E Réputation Net Wash

Daniel arsseniev est aujourd’hui un expert reconnu dans le monde entier, spécialisé dans l’identification de la fraude identitaire et documentaire, Président de PICSEL SAS, société spécialisée dans l’Intelligence économique et le Risk Management.

1/ Quelle est votre formation d’origine et quel est votre parcours ?

A l’origine, j’ai une formation économique (DEUG SEGMI – Sciences Economiques, Gestion, Mathématiques, Informatiques).
Mon parcours pour moi débute au moment où j’ai touché à mon premier ordinateur. J’avais 12 ans. A cette époque (1988), j’avais une frustration de ne pas avoir de console à la maison alors que tous mes petits camarades en avaient une. A l’école c’était difficile de partager les conversations de récréation avec eux car je n’avais pas d’éléments à rapporter dans mon évolution d’un tel jeu ou un autre…

On avait des ateliers informatiques avec le centre aéré ou l’on faisait de la « programmation » en rentrant une formule pour changer la couleur de l’écran. Mais ça ne volait pas tellement haut, juste pour nous occuper les mercredi…
Ma mère a débuté son activité d’interprète / traductrice. Elle a acheté un ordinateur comme outil de travail. Je me souviens : c’était un Packard Bell, un 286 DX. Ecran CGA (4 couleurs). A cette époque la souris n’existait pas encore. Pour lancer un programme on passait par le MS DOS (Microsoft Data Operating System), l’interface Windows 3.1 n’était pas encore d’actualité ! Comme je n’avais vraiment pas le droit d’y toucher, je découvrais les joies de l’informatique lorsque toute la maison était endormie (pour anecdote, je programmais mon réveil au milieu de la nuit pour être sûr d’avoir la tranquillité).

Plus tard lorsqu’on a commencé les cours de technologie, on avait au programme la construction d’un variateur de lumière. Dans un variateur de lumière il y a un variateur (forcément), quelques composants électroniques, le tout, soudé sur un circuit intégré. Quelqu’un a amené un jour un schéma simplifié d’un décodeur canal plus et le programme de la puce qui permettait de décrypter l’image. Avec une bande de copains on voulait juste voir si on était capable d’en réaliser un…. Ça s’est terminé en gigantesque business. On a connu des hauts et des bas mais avait déjà une notion de « bénéfices » et à quel point l’argent pouvait être une clé qui ouvrait certaines portes. Cela ne m’a pas empêché de pousser les études, obtenir un BAC B (équivalent ES – Economiques et Sociales) et enquiller PARIS X NANTERRE !

J’ai quitté les bancs de la fac au bout de ma troisième année universitaire. Je commençais à décrocher entre les cours, les TD et les petits boulots dans la restauration et mes activités parallèles, je ne me sentais plus dans mon élément pour continuer. J’avais surtout du mal à me projeter dans l’avenir avec mes études et mes diplômes comme bagages. J’ai réussi à me faire pistonner en tant que stagiaire dans une petite boite de courtage qui margeait essentiellement sur des marchés secondaires américains tel que le S&P500 ou le NASDAC. L’action débutait réellement vers 15h30 à cause des décalages horaires avec Wall STREET. Je me coltinais les classements de dossiers ou des lectures d’assemblée des actionnaires.
C’est aussi à ce moment que j’ai porté mon premier costume, et fréquenté les boites de nuit comme tous les jeunes. Mais au lieu de draguer, j’ai « sympathisé » avec une bande de copains fichés au grand banditisme. J’ai commencé à intéresser des gens pour mon savoir-faire et mes compétences informatiques…. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je pouvais faire autre chose qui me plaisait et qui nécessitait une connaissance approfondie dans la DAO/PAO (Dessin Assisté par Ordinateur / Publication). La suite tout le monde la connait : un carnet d’adresse allant du milieu marseillais et corse jusqu’aux cartels colombiens, des commandes de travail à ne plus en finir, des voyages jusqu’à de l’autre côté du continent… Et des compétences de plus en plus approfondies… surtout dans la psychologie et les relations humaines.

Même le jour de mon arrestation avec plusieurs affaires sur le dos, j’ai découvert une autre univers avec une autre catégorie de personnes, aussi intéressantes que ceux dans le milieu du grand banditisme. Je ne me suis jamais limité à vouloir faire partie d’un clan et lui garder une certaine de fidélité. J’ai toujours su « cloisonner » dans mes relations et il y a énormément de secrets que j’emporterai dans ma tombe.

C’est ce qui fait aujourd’hui que j’ai une certaine expérience qui intéresse le monde de l’entreprise axée plus sur l’intelligence économique. Le risk management passe au second plan.

Pour conclure cette question : mon parcours est, comme vous pouvez le constater très atypique !!! J’aurais pu synthétiser et le définir en quelques mots. Mais dès lors où j’ai quitté mon pays natal, pour moi plus rien n’a été simple ou ordinaire !

2/ Quelle est la vocation de votre société ? Quels sont vos clients ?

Lorsque je me suis lancé dans une activité légale, je me sentais plus dans un rôle de consultant à vocation de transmettre un certain savoir. Au final je me suis retrouvé avec encore plus de propositions, les une plus intéressantes que les autres, que celles, jadis à mes débuts du grand banditisme.

Le livre que j’ai écrit (441, Faux et usage de faux – Ed Florent MASSOT), était à la base juste un « point final » d’une vie, ou « une nouvelle page ». Ce livre a connu un certain succès qui m’a permis de démarrer une carrière officielle et surtout légale.

L’intelligence économique c’est un peu comme faire de la recherche pour améliorer les condition de sécurité liées à l’identité de la société dans laquelle nous évoluons. Je ne dis pas que je cherche à tout prix faire un monde meilleur. Juste un peu plus sure !

Mes clients ? Le jour où les services de police se sont invités dans mon salon, ils m’ont exactement posé la même question… Ce qui fait ma réputation avant celle de l’entreprise que j’ai fondé, c’est mon professionnalisme et ma discrétion. Mais pour répondre à cette question, mes clients sont essentiellement ceux qui ont un besoin de nos compétence dans un cadre légal défini !

J’envisage de créer une école à vocation de traitement de données dans le risk management toujours dans le cadre de l’identité et tous types de documents qui sont liés à ces derniers !

3/ Vos débuts de l’autre côté de la ligne jaune, ont de toute évidence influencés votre orientation professionnelle;
On ressent d’ailleurs de la passion lorsque vous parlez de ce métier ?

Effectivement. J’aime répéter cette phrase : « Chaque matin que je me lève : j’aime ce que je fais ! » Il n’y a pas un jour qui ressemble à un autre.
Toutes mes journées sont riches en évènements qu’ils soient dans un cadre purement théorique où l’on se casse la tête à un montage juridique complexe mais qui aboutit à un résultat satisfaisant pour tout le monde; ou que ce soit de la pratique où c’est toujours intéressant de manipuler une matière ou un logiciel pour de la création pure !
Parfois il m’arrive d’avoir des journées où le résultat n’émerge qu’à la dernière minute. Et c’est ça qui est relativement excitant.
4/ Votre expertise dans la lutte contre la fraude documentaire et identitaire est rare.
Comment êtes-vous perçu par vos clients et vos concurrents ?
Pour répondre à cette question, je dois prendre en considération ma situation familiale. J’ai deux enfants aujourd’hui ce qui ne me permets plus de voyager comme avant. Cela fait murir lorsqu’on porte le statut de père et des responsabilités qui en découlent.
Je dis à mes clients pour les rassurer que ce qui fut, n’est plus. Dans un premier temps, le grand banditisme et les affaires qui en découlent, non pas que cela ne m’intéresse plus, mais je me suis lassé tout simplement de voir presque la même chose. Enfin, je suis issu de la vieille école et j’ai été « éduqué » par des « vieux de la vielle » qui ne sont plus de ce monde pour la plus part. Et par conséquent le Milieu d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était dans le temps. Il n’y a plus cette fiabilité où il existe des règles de conduite et des gens de paroles. C’est vraiment devenu une denrée rare !

C’était comme si j’ai contracté le virus des faux papiers à l’âge de 20 ans, que j’ai su maîtriser pour en sortir un vaccin !!!!

Quant à mes concurrents, je ne pense pas vraiment en avoir. J’ai sondé le terrain avant de me lancer dans cette activité. Ce que je constate me rassure dans la mesure où la France, en matière de lutte contre la fraude identitaire et documentaire reste « un terrain vague » et tout reste à construire. Les gens qui se disent spécialiste ne font rien d’autre que vendre des solutions logicielles inefficaces qui ne feront ralentir les fraudeurs que de quelques minutes supplémentaires. La fraude est un fléau que je considère d’activité paranormale. Elle n’évolue pas… elle mute. Et c’est grâce aux solutions des concurrents que l’on voit des officines se former à faire moins d’anomalies pour passer tous les contrôles !

PICSEL publiera prochainement un rapport quant aux solution actuelles de nos concurrents afin de démontrer à quel point cela reste inutile !

5/ Le «risk managment» est un métier mal ou peu connu.
Pouvez-vous nous en donner les grandes lignes ?

Le Risk Management, c’est une certaine prise de responsabilité à valider la véracité des informations d’une entité qu’elle soit personne physique ou morale, dans le but d’obtenir des moyens financiers ou logistique.

Aujourd’hui c’est devenu comme un filtre essentiel dans la relation entre les entités et leur créanciers ou prestataires de services (qu’ils soient loueurs de voitures, ou organismes financiers ou tout ce qui se rapporte de près ou de loin à une corrélation identitaire).

Les pertes pour 2014 des banques françaises s’élèvent en moyenne à 70 millions par organisme. Ne me posez pas la question d’où je détiens cette statistique, je ne vous répondrai pas !

Il y a 14 organismes bancaires en France. Je ne compte même pas les organismes de crédit parallèles et tous les prestataires de services annexes en rapport à l’ID. Faites vous-même le calcul. Et surtout du potentiel à vouloir créer de la valeur ajoutée. Il y a vraiment de quoi faire !

6/ Les entreprises françaises paraissent impréparées et souvent naïves sur des sujets tels que: l’ E Réputation, la protection des données, la fraude identitaire, etc.
Ressentez-vous les prémisses d’une prise de conscience des entreprises sur l’impact économique et financier que peut engendrer la perte de contrôle de son E Réputation et l’incapacité à protéger ses données ?

Pas vraiment ! Il y a toujours un temps d’adaptation entre l’activité pure d’une société et la prise en considération d’une mise en place de sécurité pour conserver une réputation dans le système. On ne pense pas à installer un système d’alarme lorsqu’on construit une maison. Il y a plein de facteurs que les gens prennent en considération avant de penser à se protéger, tel que l’environnement, etc…

Je ne pense pas que ce soit une question de naïveté, mais une question de coût dans un premier temps. Ensuite les gens ont du mal à accepter l’idée de mettre en place un système de filtre au sein de leur activité ! Cela peut dépendre de la sensibilité des traitements de données et de la confiance qu’on peut porter à un organisme extérieur.

Le gens ne pensent pas vraiment à leur image quant au produit qu’ils commercialisent mais au bénéfice que cela peut rapporter. Ils commencent à y penser seulement lorsque le mal est fait !

7/ Comme sur tout marché juvénile, on peut voir émerger des entreprises qui s’inventent «expertes», des offres inefficaces et des pseudo solutions …
Quelle est l’état réel du marché et de la concurrence ?

c’est là le problème ! C’est comme si vous demandez à un garagiste de construire une maison. Qu’est ce qui fait que ces entreprises se disent expertes ??? Je vais argumenter cette réponse par un exemple pour bien comprendre pourquoi l’état du marché reste néant !

Une banque décèle une escroquerie non pas au moment de la prise de crédit ou de l’ouverture de compte… mais une fois que les protagonistes disparaissent avec les flux financiers ! C’est à ce moment-là que la banque, dans son schéma de lecture logique, décide de se pencher sur les documents qui ont permis à la fraude : cherchez l’erreur que la banque a commis ! Soit un manque de contrôle et donc la fraude est due à une défaillance humaine, soit des documents sans anomalies flagrantes mais que le contrôle n’a pas permis à déceler la fraude ! Dans les deux cas la banque dépose une plainte et l’on cherche à remonter la filière ce qui est difficile quand on sait que il y a déjà un décalage entre le moment de l’escroquerie et le moment de l’investigation à la suite de la prise de conscience !

Les entreprises s’inventent expertes à partir de cas de fraudes relatées dans le passé sans vraiment prendre en considération que ces fraudes se sont perfectionnés voire évolué vers d’autres toujours indécelables !

Et par conséquent une mise en place d’un filtre sans résultat apparents !

8/ Existe-t-il des formations sérieuses et efficaces dans le domaine du «Risk Management» ?

Selon moi, il n’existe aucune formation sérieuse et efficace dans ce domaine. Il y a un tel laxisme dans les contrôles de documents liés à l’identité que la fraude devient un jeu d’enfant !!! Il suffit d’être méthodique et avoir un esprit logique pour comprendre comment « voler en dessous des radars ».

9/«L’anonymat» est le cancer de l’E réputation des entreprises et des particuliers:
++ Faux commentaires, faux avis, visant à affaiblir ou détruire la réputation des entreprises
++ Diffamation destinée à dénigrer une personne physique par vengeance etc..
Il serait réducteur de ne lister que ces deux exemples…
Ma question est simple, existera-t-il un jour un contrôle, un trust Rank ou une échelle de confiance à attribuer aux publication internet ?

On y arrive ! Je vois que la société évolue vers des technologies de plus en plus en rapport avec le Net ! Un livre best-seller vendu en librairie fait 300 000 exemplaires tandis qu’un écrivain sorti de nulle part au lendemain de ses 16 printemps se voit télécharger son blog à 3 000 000 de fois, si ce n’est plus ! Et ce n’est qu’un simple exemple !!!

Ma première idée pour PICSEL c’était de créer une agence de notation des banques et tout organismes liées à l’identité sous forme de critères distincts en rapport avec la fraude ! Plus il y a d’anomalies dans les documents qui ont été décelés dans la fraude et plus la banque se prend une mauvaise note pour améliorer les contrôles. Mais si je fais cela je suis en conflit d’intérêt : je ne peux pas être juge et parti !

Je pense que cela arrivera un jour à émerger !

10/ Pour conclure, les faussaires, les hackers, les cybercriminels auront-ils toujours une longueur d’avance sur le système en place ?

Toujours !

Pablo Escobar a dit que les trafiquants ont 3 ans d’avance sur les méthode d’investigation de la police.

Moi je pense que c’est 5ans car la fraude à l’identité est plus difficile à déceler !

La société aujourd’hui est devenue tellement complexe, régie par des textes de loi qu’il est difficile de déceler une fraude sans en sortir d’un cadre juridique spécifique !
Pire ! Les moyens de communication aujourd hui ne permettent plus de retracer, déceler et investir un officine ou une entité criminelle d’une part parce qu’uncadre juridique très stricte ne le permet pas et d’autre part, le milie du crime organisé utilise une technologie largement dépassée par le gouvernement.
De plus faire confiance à des gens comme moi qui ont une expérience hors norme des capacités à innover les fraudes n’est pas encore chose courante !

Le ministère de l’Intérieur a mis en place le SIAT (Service Interministériel d’Assistance Technique) – les infiltrés. Ce service permet la rémunération des informateurs qui dénoncent des gens en activité accrue pour un délit, quel qu’il en soit ! La question reste toujours la même : dans quel cadre juridique et quel sont leurs méthodes pour appréhender ? Et si les autorités n’avaient pas ce minimum, comment croyez-vous qu’ils seraient efficaces sur le terrain ? Ils arrivent toujours au moment où la douille gît sur le sol… pour être vraiment efficace il aurait fallu qu’ils soient là au moment où la balle est tirée…
On commence à peine à former des programmeurs pour parer le hacking et essayer de protéger la société… J’ignore si on prend en considération le comportement psychologique car vouloir protéger un système sachant qu’on détient les mêmes armes pour le mettre KO, c’est une remise en question permanente. En espérant qu’à terme la E réputation produira un résultat !

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