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Interview de Serge Lobreau

Serge Lobreau

1 – Serge, quelle est ta formation ?

Serge Lobreau : J’ai fait un bac économique et social, puis des études de droit. J’ai ensuite mis mes études entre parenthèses pendant deux ans puis, quand j’ai décidé de reprendre mon cursus universitaire, j’ai étudié le management, fait du contrôle de gestion et de la finance et j’ai poussé jusqu’au master.

 

2 – Études entrecoupées de deux années sabbatiques, donc ?

Serge Lobreau : On ne peut pas vraiment parler de deux années « sabbatiques » car j’ai toujours été un travailleur acharné. Si j’ai arrêté le droit, c’est pour une raison simple : à l’époque, en parallèle de mes années lycée et de mes débuts à la fac, je cumulais les boulots. Trois exactement. Puisque j’ai quitté le domicile familial à 17 ans, il fallait bien que je finance mes études, mon appartement, que je paie mes factures… Je travaillais donc chez McDonald’s tout en étant gardien de nuit chez Butagaz, et le week-end, j’étais DJ sur une radio dans l’Yonne (88.2). Ce dernier job, qui permettait de rencontrer énormément d’artistes (nous les invitions à venir présenter leurs albums), a d’ailleurs tellement bien marché, qu’une chose en amenant une autre, le présentateur principal de l’émission et moi-même nous sommes retrouvés avec un magnifique portefeuille de managers d’artistes, et y avons vu l’opportunité de le monnayer. Nous avons donc créé une structure spécialisée dans l’évènementiel et avons tout simplement commencé à vendre les prestations à des boîtes de nuit, des zéniths, etc. Je n’ai donc fait que ça pendant deux ans. J’ai énormément travaillé, appris tout ce qui concerne l’organisation d’évènements, vu les bons comme les mauvais côtés de cette incroyable industrie où il y avait beaucoup d’argent à se faire. Mais dans le fond, j’avais d’autres perspectives en tête. Je ne voulais pas d’un avenir incertain dans un milieu somme toute assez aléatoire, mais de poursuivre une formation au sein de laquelle je pouvais me projeter dans le futur. J’ai donc repris le chemin de l’école, ai passé ma licence puis mon master.

 

3 – Parle-nous de ton expérience la plus marquante ?

Serge Lobreau : Disons que j’en ai deux. La première va vous paraître assez burlesque. Je suis né en Afrique et c’est à l’âge de 8 ans que je suis arrivé en France. Ma première expérience marquante a été l’aéroport Charles-de-Gaulle et ma découverte… des escalators ! Imaginez un peu, des escaliers qui avancent tout seuls… pour un petit garçon qui venait de mon milieu social, c’était inimaginable, un véritable supplice. J’étais persuadé que j’allais être avalé, happé par cette machine !

Plus sérieusement, l’expérience qui reste gravée en moi date d’il y a trois ans. J’étais alors en pleine négociation dans le cadre de l’une de mes activités de consulting. J’informe ma compagne que je vais devoir m’absenter quelques jours afin de superviser la livraison de marchandises. Ces quelques jours vont se transformer en six longs mois durant lesquels je resterai bloqué dans le pays en question (pour des intérêts financiers et économiques énormes auxquels je pouvais dire adieu si je repartais) ! Mais je m’étais tellement investi dans ce projet que je ne pouvais ni laisser tomber ni faire machine arrière. Cette période difficile m’a énormément marqué, mais m’a également permis d’apprendre beaucoup du milieu dans lequel j’étais et dans lequel je suis encore. J’ai ainsi rencontré des personnes extraordinaires, et on va dire qu’en matière professionnelle, mon expérience malheureuse au départ est celle qui m’a le plus apporté en termes de savoir-faire et de réseau.

 

4 – Sapian Group a été ta première enseigne ?

Serge Lobreau : En termes de business, Sapian Group a, en effet, été ma première enseigne. Cette organisation a été pensée pour me permettre de mener à bien des opérations de négociations internationales dans lesquelles je m’étais spécialisé. Étant donné que l’une de mes spécialisations était le marché des commodities (marché des métaux précieux que je connais particulièrement bien), cet organisme a donc été, au départ, créé à cet effet. Nous l’avons par la suite transformé en groupe afin de rassembler toutes les compagnies qui allaient faire partie de mon champ de compétences, puisque, au-delà de mon savoir-faire sur le trade international, je suis également spécialisé dans le marketing et la finance. Donc oui, Sapian Group a été la première compagnie.

 

5 – Marché tendu, je crois ?

Serge Lobreau : Oui, le marché des commodities a été un marché tendu pendant quelques années. Mais depuis la crise des subprimes survenue en 2008 aux États-Unis, il connaît un nouvel essor. Cette crise a mis un certain temps à atteindre l’Europe. Mais lorsqu’elle est arrivée, de nombreux épargnants ont commencé à se tourner vers le placement d’exception, c’est-à-dire vers le placement d’argent dans des actifs et des produits qu’ils comprenaient, comme l’or. L’or parle à tout le monde. Il a une valeur. Toutes les personnes ayant perdu énormément d’argent avec de mauvais placements, des produits labélisés triple A qui ne contenaient en réalité que des produits « toxiques », ont donc commencé à vouloir revenir à cette matière première. J’ai notamment travaillé avec deux fonds différents, qui m’ont sollicité pour créer et vendre des placements basés sur de l’or physique. Fini donc l’intervention d’intermédiaires multiples. Il n’y avait alors que la mine, moi et le client final, et c’est exactement cela que mes clients recherchaient : supprimer le maximum d’intermédiaires et pouvoir ainsi faire des économies de coûts et sécuriser les transactions, chose très compliquée dans ce milieu.

On a donc vu ce secteur avoir de nouveau le vent en poupe, ce qui m’a été largement profitable. Cela m’a permis d’exceller dans mon domaine, de rencontrer de nombreuses personnes, d’avoir des clients sérieux avec lesquels j’ai noué des relations pérennes.

Aujourd’hui, on ne découvre plus de nouveaux filons. Par exemple, concernant le secteur du marché de l’or, 50% de l’or en circulation est de l’or recyclé. Les seules possibilités de découverte de mines nouvelles sont malheureusement dues au dérèglement climatique, qui permet l’accessibilité à certaines zones géographiques jusqu’alors inatteignables.

La caractéristique même de ce métal rare est qu’il n’est pas « fabricable » en générique comme le diamant. Il n’existe pas d’or faux, ce qui le rend d’autant plus précieux. Et qui dit précieux, dit valeur. Dans les cinq à dix prochaines années, l’once d’or tournait autour de 2000 voire 3000 dollars ! À moins qu’un astéroïde chargé d’or atterrisse sur Terre ou que l’on en trouve et en rapporte d’autres planètes, l’or reste quand même un produit et un placement très sécurisants. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est si fiscalisé, notamment en France. Mais dans d’autres régions du monde (comme l’Inde ou l’Asie, le Moyen-Orient, et même en Afrique), l’or, et peu importe la monnaie locale, assure une réelle tranquillité d’esprit à ceux qui en possèdent. Ce marché, au-delà du fait qu’il n’y ait pas énormément d’acteurs, constitue donc un secteur tendu, car il est de plus en plus sollicité du fait que les gens entendent revenir à cette valeur sûre, après la finance folle et les investissements réalisés dans des produits auxquels personne ne comprenait rien. Et finalement, cela semble logique. L’investisseur et la personne qui cherche à prévoir pour le futur seront plus enclins à placer leur argent dans un produit qu’ils comprennent, avec une valeur intrinsèque qu’ils maîtrisent, que dans un produit qui leur est totalement inconnu.

 

6 – Flashmoni est née avant Sapian, mais a été développée après Sapian ?

Serge Lobreau : Flashmoni est effectivement née avant Sapian, mais a été développée ultérieurement. Comme je vous l’ai dit, j’ai une expérience dans le marketing relationnel. Les outils qui nous étaient donnés étaient très peu convaincants d’une part, et très onéreux d’autre part. En tant qu’ancien banquier, je trouvais cela aberrant de devoir payer 15% ou 20% du montant que l’on veut retirer, parfois plus selon les devises ! Aberrant aussi de se faire avoir sur le spread. Au final, quand on regarde le montant total que l’on a payé en frais, on atteint rapidement 30% du montant que l’on voulait retirer. C’est juste hallucinant !

Quand j’ai créé Flashmoni, il s’agissait au départ d’un exchanger, modèle basé sur de la data et de la publicité, avec une interface pleine page. Pourquoi cette interface pleine page ? Tout simplement pour pouvoir gagner assez d’argent en publicité et pouvoir utiliser cet argent-là pour payer nos frais de fonctionnement. Ainsi, nous apportons au client final le spread et les frais les plus bas du marché pour pouvoir battre nos concurrents. Flashmoni au départ, c’est ça.

Ensuite, l’activité de conseil se développant de plus en plus, je mets cela en stand-by et je développe l’activité de négociations internationales. C’est alors que je m’aperçois qu’un pan immense de l’humanité n’a tout simplement pas accès aux services basiques financiers. Et là, ça tilte : alors que j’avais en tête le projet initial de Flashmoni, j’ai réalisé qu’il fallait faire quelque chose de beaucoup plus abouti et d’utilité « publique ». Et quand je dis d’utilité publique, je parle d’inclusion financière, c’est-à-dire le droit de tout un chacun d’accéder à des services financiers basiques, comme l’accès à une banque. Seulement, dans beaucoup de pays, la population n’a pas accès aux banques pour la simple raison que beaucoup de gens n’ont pas d’adresse physique. Et sans adresse physique… compliqué d’avoir une banque. Et je ne parle pas que du tiers-monde ! En France, des milliers de personnes n’ont pas de compte bancaire, pareil aux États-Unis.

Il est alors devenu évident de répondre à ce problème global. Mais comment procéder ? J’ai décidé de propulser cette solution à travers une technologie blockchain. Pourquoi la blockchain ? Parce que c’est une technologie qui allait nous coûter très peu cher, contrairement à un système « classique ». Avec ce système, non seulement, j’apporte une sécurité, une indépendance aux utilisateurs et à nous-mêmes, et en plus, en mixant les savoir-faire des commodities et de la blockchain, je me suis dit que je pourrais créer une crypto-monnaie stable. Plus de pifomètre ! J’ai décidé de me battre contre la volatilité de la crypto-monnaie pour pouvoir l’amener à une utilisation beaucoup plus massive qu’elle ne l’est actuellement, afin qu’elle puisse être acceptée partout, et notamment pour des activités journalières. Pour cela, il fallait une utility coin (une pièce de monnaie crypto-digital permettant l’utilisation d’uns services), et c’est ce que l’on a fait chez Flashmoni.

Pour déterminer la valeur intrinsèque de chacun de nos coins, nous nous sommes tournés vers un actif que tout le monde peut comprendre : l’or. Nous avons donc signé un partenariat avec une compagnie chargée d’acquérir cette matière première. Ce n’est pas un coin qui est backé, mais pegged (indéxé), c’est-à-dire que sa valeur intrinsèque est tout simplement issue de 1/20 de la valeur du grain d’or (approximativement 2.7$ aujourd’hui. Nous utilisons cette valorisation pour pouvoir déterminer le prix unitaire de la core value (valeur intrinsèque) de nos coins. Bien évidemment, une valeur relative sera donnée par le marché, mais cette core value permet de comprendre d’où vient la valeur primaire de notre coin. Le but de la société Flashmoni est donc d’utiliser la technologie blockchain pour pouvoir permettre l’inclusion financière. Dans le futur, nous voulons proposer nos services gratuitement (services de remitences [envois de fonds], ce que fait Western Union et Moneygram actuellement, services d’exchanges [échanger les euros contre des cryptos monnaies], etc.) et ce, grâce à une société que nous avons créée, appelée Flashxchanger. Nous essayons vraiment de balayer le spectre qui touche à l’inclusion financière et essayons d’être indépendants en créant une solution transversale. On appelle ça l’omnichannel banking services et le plus fou, dans notre vision des choses, c’est de rémunérer les gens pour qu’ils utilisent notre système. Il s’agit d’un business model complètement innovant, et nous aurons l’occasion de partager énormément d’informations vu que les premières MVP de notre solution vont commencer à être délivrées Q3 2019. Il y a également notre blog : blog.flashmoni.io.

 

7 – C’est quoi, Flashmoni ?

Serge Lobreau : J’y ai déjà répondu mais pour résumer, Flashmoni est une solution qui doit permettre l’inclusion financière en utilisant la blockchain. Et cette solution-là se concrétise à travers la blockchain, avec un coin tirant sa valeur intrinsèque à partir d’un actif que tout le monde connaît : l’or. Flashmoni permet l’utilisation et l’adoption massive de la crypto-monnaie, qui est aujourd’hui le seul moyen de pouvoir atteindre rapidement l’inclusion financière de quasiment 3 milliards de personnes sur cette planète. Flashmoni, c’est un service financier innovant avec de la data. En valorisant la data, on génère des revenus. En générant des revenus, on se sert de ces derniers pour pouvoir réduire les frais de service et ainsi permettre une plus grande inclusion financière.

 

8 – Penses-tu que la blockchain a un avenir en France et en Europe ?

Serge Lobreau : En France, on est toujours les derniers à adopter les nouvelles technologies. De nombreux pays ont détecté et intégré beaucoup plus rapidement que nous l’incroyable potentiel de la blockchain. C’est notamment le cas des Américains, des pays anglo-saxons… Vous savez, en France, lorsque l’on dit « blockchain », les gens entendent « bitcoin ». Mais en réalité, la blockchain est bien plus que juste le mot « bitcoin », cette technologie est bien plus qu’une simple fonction financière. Elle est transcendante. Je vais illustrer mes propos par un exemple concret : dans l’état de Yap Island, petites îles du Pacifique Sud, se trouve l’un des exemples humains les plus anciens et les plus aboutis de forme de blockchain, de distributed ledger technology (sorte de livre de comptes décentralisé) aussi connu sous le terme de DLT. Dans ce chapelet d’îles de Micronésie donc, 1000 ans avant J.-C., les habitants utilisaient une forme unique de monnaie. Il s’agissait d’énormes pierres taillées pouvant peser jusqu’à plusieurs tonnes, qu’ils pouvaient trader. Disposées à divers endroits (place du marché, sur la plage, dans la montagne, etc.), celles-ci permettaient à toute la population d’enregistrer mentalement chaque transaction effectuée, chose facile dans un petit groupe. Cette méthode permettait ainsi aux Yappies de ne pas échanger physiquement ces pierres intransportables mais de pouvoir payer intelligemment en mémorisant la propriété et l’historique des transactions. La base de données étant publique et connue de tous, elle était alors infalsifiable. La propriété de ces pierres était complètement décentralisée. C’est actuellement l’exemple le plus ancien de distributed ledger technology, autrement dit de blockchain.

Pour assimiler ce qu’est cette fameuse blockchain, il faut comprendre l’histoire de la comptabilité dans le sens large du terme. Les transactions financières constituent l’une des premières applications de la blockchain. Vous le savez peut-être, mais il y a 5000 ans, est apparu ce que l’on appelle le système à une entrée (les informations quant à la propriété de biens étaient inscrites sur un support quelconque). Il y a 300 ans avant J.-C., en Inde, apparaît le premier document comptable inventé par un certain Chanakya. Ce document est une espèce de forme standardisée de système comptable permettant ainsi la comparaison et offrant une véritable transparence dans la méthode, du fait de son unicité. Ensuite, il y a 1340 ans et jusqu’en 2009, on a utilisé le système de double entrée, celui que nous connaissons aujourd’hui encore. C’est le système crédit/débit, système que l’on peut manipuler. Imaginez : Sarah et Patrick veulent effectuer une transaction. Sarah détient un bateau que Patrick veut et Patrick détient la pierre qui est sur la plage. Il décide d’échanger cette pierre contre le bateau de Sarah. Ils procèdent donc à l’échange. La propriété de la pierre est donc transférée à Sarah et Sarah transfère le bateau à Patrick. Supposons que Sarah ne veuille plus renoncer à la propriété de son bateau ou inversement que Patrick refuse de céder la propriété de sa pierre pour pouvoir payer le bateau. Il veut désormais le bateau, et la pierre. Patrick peut toujours essayer de corrompre l’enregistrement et de dire qu’il n’a jamais abandonné la propriété de la pierre. Quand vous avez un système centralisé, il est facilement manipulable. On peut changer les choses après coup. En 2009, le distributed ledger technologie aka « blockchain » est arrivé (système décentralisé) via un certain « Satoshi Nakamoto » (personnage fantôme), et a changé énormément de choses. Désormais, si quelqu’un veut manipuler le système, il faut qu’il recueille plus de 51% des voix ou qu’il atteigne le « group consensus » stipulant que sa version du registre est la bonne et que démontre, dans notre exemple, que le bateau et la pierre lui appartienne. Le ledger (« registre » en français, terme employé dans le domaine de la Blockchain pour désigner un livre de comptes contenant toutes les opérations financières d’une organisation est alors distribué, non plus en un endroit unique, mais dans une multitude de lieux virtuels. Cela signifie que pour modifier les informations qu’il y a sur ce ledger répliqué à plusieurs endroits, il va falloir aller dans plus de 51% de ces endroits ou convaincre plus de 51% du « group consensus » pour pouvoir changer sa version, et pouvoir dire : cette pierre m’appartient toujours. Transformer un ledger centralisé en ledger décentralisé amène beaucoup plus de sécurité dans les transactions et une transparence jamais vue jusque-là. En 2009, dans un climat économique où les administrés ressentent de la méfiance envers les élites, envers les organismes gouvernementaux, mais aussi envers leurs voisins, ce concept apparaît comme révolutionnaire : les gens n’ont plus besoin de se faire confiance. La blockchain est ainsi un produit de notre temps. Pas besoin de se connaître, pas besoin d’être bons amis, on a un système fiable pour garantir nos échanges, un système complètement décentralisé qui ne peut pas être manipulé. La blockchain est un outil créé pour travailler dans un environnement où la confiance est absente. Elle est un système incorruptible dans un monde où la confiance est variable.

 

9 – Tu as créé une fondation « Flashcare ». Peux-tu nous en dire plus ?

Serge Lobreau : Flashcare est une fondation que nous sommes en train de finaliser. Encore une fois, elle est inhérente à l’expérience personnelle que j’ai pu avoir dans certains pays que j’ai visités en Amérique latine, en Asie et en Afrique, où j’ai passé énormément de temps ces six dernières années. Flashcare, c’est la réponse au manque criant des choses les plus élémentaires dans le monde. Étant donné que nous avons un business model qui va fonctionner, il coulait de source pour moi de rendre à la communauté.

La fondation Flashcare va fonctionner sur plusieurs points :

Tout d’abord, l’initiative H2O. Nous souhaitons implanter sur des sites isolés (en Afrique, en Asie, en Amérique latine) du matériel permettant de rendre une eau impure propre à la consommation grâce à l’énergie solaire. Comment ? Par le biais de containers scalables héliportables faits pour durer une vingtaine d’années, à l’échelle d’une ville, d’une maison, d’une entreprise, d’un village. Comme nous allons travailler avec des partenaires locaux inhérents à notre activité, nous voulons que ces personnes travaillent dans les meilleures conditions possibles et ne manquent de rien (et surtout pas de l’essentiel comme l’eau potable !). D’ailleurs, alors que j’étais encore banquier, un client m’avait demandé de l’aider à financer un projet de cet acabit. J’avais été enthousiasmé par son idée, mais vous savez… les capitalistes ne sont pas enclins à financer des projets qui ne rapportent pas d’argent. Nous avions donc dû refuser le prêt à ce monsieur. Dès que j’ai monté Flashmoni, il est la première personne que j’ai contactée. Aujourd’hui, nous envisageons la livraison des premières machines d’ici Q1 2020.

Ensuite, la deuxième initiative concerne la spiruline, sorte de super-aliment permettant de lutter contre la malnutrition des enfants en Asie et en Afrique notamment. Il s’agit d’une initiative que nous allons lancer en même temps que l’initiative H2O.

La troisième initiative concerne les para-seniors : nous souhaitons mettre en place des parapharmacies spécialisées en santé naturelle à des prix très discount pour les seniors isolés habitant dans des déserts médicaux.

Enfin, la quatrième initiative que nous avons appelée Hippocrate : il s’agit de livres, d’ebooks et de formations en ligne gratuites pour apprendre les gestes de santé à ceux qui n’en ont pas les moyens financiers.

Pour cela, j’ai décidé d’être accompagné par des médecins. Le président de Flashcare est d’ailleurs un médecin dont nous annoncerons le nom très prochainement.

 

 

10 – Quels sont tes projets d’avenir ?

Serge Lobreau : Dans les trois ou quatre ans nous avons une véritable solution à sortir avec Flashmoni. Énormément de services sont proposés par Flashmoni, que ce soient les formules de wallet, de valorisation de vos datas en vous rémunérant pour ces datas utilisées en votre nom (actuellement, personne n’est payé sur ce secteur-là). Les gens ont parfois du mal à comprendre que lorsqu’un service leur est proposé gratuitement, c’est parce qu’ils constituent eux-mêmes « le produit ». Regardez Facebook ! Facebook, c’est des milliards de bénéfices avec de la data. Ce secteur est donc tellement lucratif que nous avons décidé d’y aller en utilisant la blockchain. C’est une activité particulièrement lourde à développer mais au moins, nous permettrons à tout un chacun de pouvoir reprendre la main sur sa data.  Des efforts notables ont d’ores et déjà été faits, notamment sur l’adoption de la RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) qui est une régulation européenne pour le contrôle de l’utilisation de la data des individus par les compagnies. Concrètement, de nombreux chantiers nous attendent dans les cinq ans à venir et nous avons énormément de services à continuer de développer. Et puis, qui sait, dans huit ans… dix ans… apparaîtront peut-être de nouveaux besoins ? Charge à nous de créer alors une solution pour pouvoir y répondre.

 

 

11 – Quelle est la chose que tu ne referais pas dans ta vie ?

Serge Lobreau : Il y a plein de choses que je ne referais pas dans ma vie. Mais si je devais en choisir une, ce serait d’accorder ma confiance trop longtemps, même lorsque celle-ci a été altérée. Je considère que lorsque l’on rencontre une nouvelle personne, un nouveau partenaire, on présume dès le début que l’on va créer une relation pérenne avec celle-ci, et que l’on va essayer de garder le plus intact possible ce que j’appelle le capital confiance. Tout au long de cette relation, le but va être de le préserver le plus haut possible. Avec le recul et mon expérience, je laisserais donc peut-être passer moins de choses. Je regrette parfois d’avoir laissé cette confiance se ternir, s’amoindrir avec le temps car cela implique bien souvent des situations qui finissent par être détestables (nous allons en parler par la suite). Je serais donc plus rigoureux sur cette confiance accordée.

 

 

12 – Le web a évolué, pas dans le bon sens à mon avis… Entre autres, le web 2.0 permet dorénavant à n’importe qui de dire du mal de n’importe quelle personne physique ou morale, et ce sans contrôle. Comment gères-tu ton e-réputation ?

 

Serge Lobreau : Effectivement, le web a évolué et pas forcément dans le bon sens. Je ne m’étais jamais vraiment préoccupé de mon e-réputation ces dernières années car je n’ai jamais rencontré de « problèmes » à ce niveau-là. Les gens qui me connaissent savent comment je suis, ce que je suis capable de faire. J’ai donc commencé à m’en soucier lors de la levée de fonds spectaculaire de plusieurs millions d’euros que nous avons obtenue l’année dernière pour financer notre solution Flashmoni. C’est à ce moment-là que ma confiance a été mise à mal : je travaillais alors aux côtés de deux, trois partenaires dont j’ai dû me séparer, et cela a eu un impact sur ma e-réputation dont je ne me souciais guère jusqu’alors. Ils ont profité de cela pour acheter mon nom et pouvoir me diffamer en ligne. Bien évidemment, mon équipe juridique est en train de régler cette histoire et les attaque au pénal car, fort heureusement, la loi existe. Il est certain que le web 2.0 est un outil extraordinaire puisqu’il permet à tout un chacun d’être « libre » et de pouvoir s’exprimer comme il l’entend dans la plupart des pays. Mais tristement, il permet également, bien souvent, à n’importe quel imbécile ayant de la rancœur envers vous de pouvoir vous diffamer en public. Jusqu’à présent, je ne m’en étais pas occupé, mais quand cela m’est arrivé, j’ai dû réagir afin de préserver mon intégrité. Et bien entendu, plus nous allons avancer, plus nous allons avoir du succès, et plus nous devrons faire face à des détracteurs, à de gens avec lesquels nous n’aurons, par exemple, pas souhaité faire affaire et qui vont nous vouloir du mal. Disons que cela fait partie du jeu, un jeu que j’accepte complètement. Je ne me plaindrai pas qu’il y ait des sites qui parlent en mal de notre solution ou qui diffament le CEO, mais il faut juste qu’ils sachent qu’ils s’exposeront à une réponse légale. Nous savons ce que nous faisons et nous savons où nous allons. Nous avons désormais un organisme qui s’occupe de notre réputation (et je pense que c’est un service essentiel pour toute compagnie qui attire l’attention comme la nôtre). Merci de m’avoir accordé cette interview et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous contacter en ligne sur notre blog ou sur Linkedin !

 

Merci Serge.


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